20 octobre 2007
J'y suis, j'y reste... ou pas.
http://onestpasbienla.hautetfort.com/
03 février 2007
Et maintenant la version audio...
mais comme j'ai pas réussi à la mettre ici, j'ai encore bougé!
04 janvier 2007
Ayeeet!
Eh ben voilà. C’est fait.
On a tous réussi à passer 2006.
Finalement. hein. Pas si dur.
Enfin, tous, tous, c’est vite dit.
Y’en a un, quand même, il a eu beau essayer, au dernier moment,
clac ! On passe pas. Non non non, toi, non. Toi, tu restes là.
Pourtant il avait bien tout essayé pour prolonger son existence.
Et va-z-y que je te reconnais pas les tribunaux et va-z-y que de toutes
façons, j’ai toujours eu raison et que je te soutiens que ça serait à
refaire, ah ben tout pareil. Si. Les cachots, les tortures, les
déportations. Si-si. Ah oui. Tout bien. Tout pareil, j’te dis. Quoi ?
Oh ben, un p’tit meurtre par-ci par là, y’a quand même pas de quoi
faire un génocide… Meuh arrêtez vos conneries, c’est quand même pas des
mecs qui massacrent des populations entières sous prétexte que leur
dictateur en chef, il aurait caché dans ses placards des armes de
destruction massive qui vont me faire la morale ?!
Tiens, d’ailleurs, tant qu’on en parle, elles ont été trouvées où
exactement les armes de destruction massive ? Hein ? Ah bon, c’est toi
qui pose les questions, d’accord. Bon ben je ferme ma gueule alors.
Mais enfin, je suis quand même bien content d’avoir servi les
intérêts supérieurs de la nation aussi longtemps. En double effet
kiss-cool, en plus. Une première couche quand je massacre, armé par
vous et vous débarrassant des opposants. Et une deuxième
couche quand vous me massacrez pour préserver la liberté de la planète.
Non, sans déconner, bien foutu, le truc. Moi, je m’en fous, ce que je
voulais, c’était faire chier le plus de monde possible, j’ai fait comme
vous,en fait. Mais à contretemps, quoi.
Et si ça
se trouve, je continue à vous être utile, même dans la mort. En vous
organisant pour faire de moi un martyr, vous vous démerdez pour
m’éliminer, sans jeter avec l’eau du bain la bonne excuse que je
représentais de garder une mainmise militaire sur une région bien trop
riche en pétrole pour la laisser incontrôlée.
Ah
ben oui, mais on peut pas se planter tout le temps, non plus, déjà
qu’Augusto, vous l’aviez un poil oublié au fond du placard, du coup, au
moment du procès, trop tard, il servait plus rien, fallait pas faire
pareil avec le Moustachu de l’Euphrate, hein ?! Deuble Iou, là dessus,
il a été formel : « Le premier qui m’oublie le Saddam en tôle, il va
aller se faire le spring-break au club Ousamma, ça va pas traîner. Ah
ben c’est blindé de vierges, peut-être, mais, avant, y’a quand même une
ou deux tours à se bouffer dans la gueule, si tu vois ce que je veux
dire. Et pis quand t’arrive en cent trente cinq morceaux à assembler,
je vais te dire, les gonzesses, elles sont peut-être vierges, mais
elles ont peut-être passé l’âge du Rubix-cube, aussi.»
C’est vrai, ça, personne ne s’est jamais demandé pourquoi, elles
restent vierges, les vierges. Eh ben c’est tout con. Tout simplement
passque les mecs qui arrivent vers elles, les flambés du crucifix, les
allumés de la thora et autres syphonés du turban, eh ben y sont jamais
en état de leur faire quoi que ce soit. Sont toujours en p’tit bouts.
Explosés contre un avion, une maternelle ou un bus. Alors, forcément,
c’est pas par plaisir qu’elles restent vierges, les vierges . Tu penses
bien.
Du coup, c’est au moins ça, cette nouvelle coutume. Au moins,
après la pendaison, il paraît que t’as la gaule, ce qui me rassure pour
les pauvres vierges.
C’est vrai, au bout du compte, y’a pas de raison que ce soit toujours elles qui se fassent….
Ah ben oui.
Non.
Justement.
Hum.
Bon.
Alors.
Disons, que 2006 n’a toujours pas marqué d’évolution
notable quand aux mœurs humaines les plus basses, puisqu’il continue
d’être le seul animal à tuer l’autre parce que c’est lui et de
ressentir le besoin d’exploser la gueule de son ennemi et de condamner
à mort celui qu’il juge pour des faits d’assassinats. Justement.
Allez, Bonne Année.
Fin de la page d'histoire contemporaine comparée. Merci de votre
attention. Vous pouvez parler entre vous et vaquer jusqu'à 22h.
Bonsoir.
13 octobre 2006
Amis de la poésie, bonjour.
Depuis que France Inter est devenue la radio la plus politiquement correcte du PAF, depuis qu’elle a trouvé comme seul sommet possible de l’impertinence Guy Carlier, qui vient de passer une saison chez Fogiel à cirer plus de pompes qu’il n’est humainement possible à un cireur de Bombay durant les dix ans passés alors que sa seule subsistance en dépend, et qui n’a d’autre source d’inspiration lorsqu’il décide de faire dans l’anticapitalisme que de cogner sur J-Marc Sylvestre, journaliste dans la même station que lui, et qui, malgrès un positionnement politique des plus irritant n’est quand même pas non plus ce qu’on a fait de plus intouchable… (quelle impertinence donc, d’aller fustiger le grand capital par l’intermédiaire d’un J-Marc Sylvestre qui ne peut même pas lui répondre !), depuis que la fréquence hertzienne de cette radio s’est donc confondue avec celle de RTL, la valise en moins, depuis cette consciencieuse préparation de la chaîne nationale à l’élection prochaine, pour être sûre d’être –quoi qu’il arrive – du bon côté du manche, depuis tout ça, donc, as tu remarqué comme la programmation musicale s’en est ressentie ?
Non, hein, t’es comme moi de toutes façons, ta radio est réglée
dessus par habitude, mais t’écoute plus. Et bien, laisse moi te
démontrer à quelle point ladite station tente quand même de nous faire
passer un vrai message humanitaire, social, politique, à travers sa
prog musicale. Si-si.
Je t’espique : t’as remarqué que tu ne peux ja-mais mettre en
route cette putain de radio sans entendre marmonner Vincent Delerm sur
une quelconque mélodie vaguement insulaire ? Bon.
Eh ben c’est pas ce que tu crois.
Moi aussi, figure-toi je me suis laissé aller à la répulsion
qu’induit immédiatement la première écoute de cet étron culturel. Moi
aussi, je m’ai dit à la première minute que c’était bien la peine de
s’être foutu de la gueule des 2be3 parce que leurs chansons étaient
idiotes si c’est pour en faire des largement aussi con, tout en ne
sachant ni danser, ni chanter, et tout en étant quand même nettement
moins sexy, hein, faut reconnaître que bon, entre Vincent et Philip,
y’en a un des deux tu lui demandes pas de chanter parce que... c’est
pas ce que tu lui demandes… et l’autre c’est juste parce que t’as pas
envie de l’entendre chanter.
Bref .
Tout ça donc, c’est de la médisance…
Jettons un coup d’œil plus attentionné à ce chef d’œuvre de littérature engagée qu’est :
SOUS LES AVALANCHES.
Sur
ta peau les bleus et les brûlures / Sur ton menton les trois points de
suture / La cicatrice en haut de ton bras /J’t’aimerais moins si tu les
avais pas. D’entrée
de jeu, j’ai envie d’dire, Vincent chapeau bas. Vincent n’y va pas par
quatre chemin, Vincent attaque, Vincent prend position. Oui, Vincent a
bien connu Marie Trintignant. Et oui, Vincent a été l’amant caché de
Marie pendant que celle-ci vivait sa passion avec le beau Bertrand. Du
coup Vincent décide aujourd’hui de briser le tabou, et ça, faire une
chanson sur la violence conjugale, quand on est un mec, ça c’est du
courage. (un peu comme Carlier, tiens.)
Sous
les avalanches, / T’es pas étanche / Dans cet igloo / Tu t’cognes
partout / T’as pas la dégaine / D’miss Aquitaine / T’as pas l’cerveau /
D’la dame avec un chapeau.
Seulement voilà, Vincent ne peux pas continuer de parler de Marie plus
longtemps, ça l’émeut trop. Alors, n’écoutant que son courage, il
décide de ne pas lâcher l’affaire et de parler d’une autre femme
maltraitée et de lui rendre hommage. Bon, sous les avalanches,
j’imagine que c’est à cause des coups, sinon, je vois pas le rapport.
Vincent reste énigmatique sur la personne à qui s’adresse réellement sa
chanson, mais on peut déjà identifier que ses références se situent
plus ou moins dans le monde des têtes couronnées, des responsables
politiques, peut-être, en tout cas, du gratin, puisqu’il indique tout
de suite son admiration pour Elisabeth II, souveraine du Royaume Uni, «
la dame avec un chapeau », on reconnaît bien là le côté très british de
Vincent et son profond respect pour « the lady ». Il indique aussi que
la scène ne se passe pas en Aquitaine, ce qui écarte plutôt les grosses
blondes laiteuses de normandie.
Tu
f’ras pas d’publicité shampoing / Pour trois millions parce que tu les
vaux bien voilà, c’est donc bien ce que je disais. / Tu s’ras pas
ambassadrice coco / D’un vieux parfum pour les futures vieilles peaux.
Et on retrouve Vincent le Rebelle, Vincent qu’a pas peur, Vincent tout
flamme, Vincent qui n’hésite pas à égratigner au passage l’image de
Chanel, dans une griffe réservée aux connaisseurs, puisque « Coco » est
bien davantage identifié dans le grand public comme le surnom donné à
Jospin par Fabius depuis la révélation de son passé trotskiste, que
comme le nom d’un des parfums le plus célèbre de chez Chanel. Enfin
bon, on est enculturé ou on l’est pas.
Mais
sous les avalanches, / T’es pas étanche / Sur cette banquise / Une tour
de pise / T’as pas l’ventre plat / D’miss Albigeois / T’as pas
l’cerveau / D’la dame avec un chapeau. A sa place, je
crois que j’aurai été tenté de faire rimer avalanches avec penche, du
fait de la proximité de la tour de pise, mais bon. Sans doute une
facilité que Vincent déjoue sans même y penser. Tu remarqueras au
passage, quand même, la délicatesse de Vincent pour souligner les
quelques disgrâces dans la silhouette de la dame en question.
L’enquête
progresse, on cherche donc une grosse plutôt brune, avec une jambe plus
courte que l’autre et plus conne que la reine d’Angleterre.
Poursuivons :
Il y aura encore deux trois arêtes / Des auto tamponneuses dans ta tête
Quelqu’un qui ne crache pas non plus sur la picole, apparemment. En
tout cas une habituée des lendemains difficiles. On pourra penser à
Véronique Sanson, mais Delerm est trop gentil pour tacler une femme qui
va mal à ce point. Et puis, il faudrait qu’il ait un minimum de goût
musical et d’oreille pour connaître Véronique Sanson, ce qui est – dieu
merci - absolument hors de question.
Des épines des ronces et des orties / Il y aura encore un peu la vie
Ah, là Vincent nous révèle une part intime de la personne mystère, un
peu de sa vie sexuelle en quelques sortes ; elle aime donc les
aventures rapides et sans lendemain au point de se rouler dans le
moindre bout de jardin dès qu’elle en a l’occasion. Soit cette femme
est poursuivie de paparazzi, soit elle ne doit absolument pas être vue
en compagnie de ses amants. Elle doit avoir un mari ou un papa
influent.
Sous les avalanches, / T’es pas étanche / Dans c’bac à glace / Tu cherches une place /
la chanson serait plus récente, je penserais à un hommage aux bébés de
Corée, surtout au troisième, qui a dû se tasser à mort dans le
congélateur pour trouver une place et puis finalement aller ailleurs.
Mais, d’abord ce serait d’un extrème mauvais gout, et ce n’est pas DU
TOUT le style de la maison, et puis la chanson était sortie bien avant,
alors ça vaut pas, et puis le petit Vincent est bien trop bien élevé
pour avoir quoi que ce soit à voir avec cette sordide affaire. T’as
pas trop les g’nous / De miss Anjou / T’as pas l’cerveau / D’la dame
avec un chapeau / T’as pas la dégaine / D’miss aquitaine / Pas l’ventre
plat / De miss Albigeois / T’as pas les fesses / D’miss Pays d’Bresse /
T’as pas l’cerveau / D’la dame avec un chapeau.
Nom de Dieu.
Cher lecteur, mon ami, mon frère, mon camarade, l’heure est
grave, accroche toi à ta chaise, éteins la lumière et serre les fesses.
Je viens de comprendre. Le message de Vincent est de la plus haute
importance. J’avais négligé un détail qui pourtant est là, tout au long
de ce magnifique texte digne d’un « J’accuse ». L’Anjou, l’Aquitaine,
L’Albigeois, Le Pays de Bresse, L’Angleterre, L’Italie, le Groenland,
même (quoi ?…ben si, les igloos !) Tout converge vers une seule et même
piste, et là c’est du lourd, c’est de l’info de chez Tintin Reporter,
et on dit merci Vincent. Regarde :
Une grosse moche, de guinguois, qui voyage beaucoup, plutot
brune, sexuellement un peu hyperactive, mais qui a quand même pas trop
la mégaclasse d’Elisabeth II et qui doit se planquer d'un mari violent et très en vue.
Oui.
Tu y es aussi.
C’est énorme :
Nicolas Sarkozy bat Cécilia. Il la cogne, mais Vincent (oublie ce que
je t’ai dit sur Marie Trintignant c’était des conneries) l’aime telle
qu’elle est. Il l’aime même avec les - et peut-être grâce aux-
traces de coups qu’elle porte.
Vincent fait d'une pierre deux coups (si je puis me faire mettre permettre) il dénonce la violence et revendique publiquement son orientation fétichiste.
Heureusement qu’il y a des artistes engagés comme lui, qui n’ont pas peur de parler.
Car la sexualité est le lieu premier des tentations normatives.
Et la violence conjugale tue, en France, 8 femmes par mois.
Merci Vincent.
30 août 2006
Dans un pays fort fort lointain, dans une époque très très lointaine….
On avait tout bien organisé. Les gens s’échangeaient des
services, des denrées. Pour ça, ils avaient un moyen neutre. On avait
appelé ça l’argent. C’était pratique ça permettait toutes sortes
d’échanges. Ça évitait de se demander si on avait donné suffisamment
par rapport à ce qu’on obtenait. On avait un prix. Une somme.
C’était comme ça.
Une livre de tomates ? 1 brouzouffe et quelques.
Un mois d’habitation à l’abri ? 400 brouzouffes.
Une baguette de pain ? 0,70 brouzouffes.
Du coup, pas besoin de fabriquer 572 baguettes de pain contre un
mois d’habitation. Hop, tu sors tes brouzouffes et le tour est joué !
Bon, l’inconvénient, c’est que les brouzouffes, pour les avoir, tu peux
pas les fabriquer. Du coup, au lieu de perdre ton temps à fabriquer des
baguettes de pain, tu passes ton temps à faire des trucs contre
lesquels on te donne des brouzouffes, contre lesquels tu achètes un
mois d’habitation, une baguette de pain, une livre de tomate. On a vite
pris l’habitude, avec ce système, de déléguer. Chacun s’occupant d’un
p’tit bout d’activité, qui lui permettait de gagner ses propres
brouzouffes bien à lui. Et d’échanger ses brouzouffes avec ce que sait
faire le voisin. Au lieu de perdre son temps à apprendre du voisin
comment savoir faire ce qu’il sait, quitte à lui montrer, en échange,
comment faire ce qu’on sait faire, soi.
A force de
déléguer plein de trucs, on s’était dit, pour les décisions
importantes, on a qu’a faire pareil. Au lieu de se tenir informé, de
perdre des heures à débattre pour se demander s’il vaut mieux envahir
la Pologne ou filer des armes à l’Iran, on a qu’à choisir des gens qui
savent, on leur file des brouzouffes pour qu’ils puissent s’acheter un
mois d’habitation, une baguette de pain et des livres de tomates et
hop, c’est eux qui s’occupent.
Pour les choisir, on
organisait une sorte de grand marché. C’est l’épicier qu’en avait eu
l’idée. Chacun exposait pourquoi il était bien placé et intelligent, et
comment il comptait s’y prendre pour prendre des décisions à notre
place et puis, on choisissait, comme ça, en mettant les noms dans des
boîtes.
A la fin on comptait les noms et celui qui en
avait le plus avait le droit de décider. Comme c’était anonyme, il
décidait pour tout le monde. Pas seulement pour ceux qui avait dit son
nom. Les autres, ils avaient perdu, tant pis. Mais ils conservaient le
droit de dire qu’ils étaient pas d’accord, qu’ils avaient de meilleures
idées, mais c’était trop tard. Alors, ils expliquaient ça au bistrot du
coin, parmi les joueurs de billard et les buveurs immodérés qui
venaient donner 3 brouzouffes pour 25 centilitres de houblon fermenté
avec un peu d’eau.
Du coup ceux qui décidaient,
avaient un emploi du temps chargé. Ils couraient de réunion en conseil,
de brainstorming en débriefing, de déjeuner de travail en dîner de
colloque.
On avait aussi délégué la notion de
paix. On avait fait des gardiens pour ça. Comme ça si quelqu’un se
comportait d’une manière inopportune, on appelait les gardiens de la
paix qui lui disaient que c’était pas conforme et on était bien
tranquille. On leur avait filé des armes aussi. Oui, parce que on
s’était aperçu que ça calmait vachement plus vite les inopportuns.
Après tout, c’était des gens qui avaient fait le choix de veiller sur
leurs concitoyens, donc supposément assez éclairés pour faire un usage
essentiellement dissuasif de leurs armes, avec déontologie, mesure et
respect.
Un jour, dans ce pays fort fort lointain,
dans cette époque très très lointaine, un qui décidait avait une
réunion-dîner. En montagne. Avec des qui décidaient dans la montagne.
Au même moment, dans la même montagne, un inopportun avait décidé de
voler une voiture. (on appelait voler le fait d’utiliser un truc sans
avoir donné de brouzouffes avant, et sans avoir demandé). Les gens de
la paix, jugeant la paix gravement menacée on voulu arrêter
l’inopportun. Qui se rapprochait du lieu du dîner. Du coup, il a fallu
tirer. La paix était vraiment trop menacée. D’ailleurs l’un des gens de
la paix déclarait après les faits sur la radio du pays : « ce qui
importait c’était que le dîner se déroule bien ».
Le 29 Août 2006, à Sallanches, Savoie, France, la gendarmerie a
fait feu sur un voleur de voiture au volant du fruit de son dernier
larcin, au motif qu’il s’approchait de trop près du lieu ou Dominique
De Villepin prenait son déjeuner en compagnie d’élus locaux.
Le gendarme interviewé sur France Inter à ce propos déclare que
l’individu est blessé, mais pas par balle, mais que tout va bien
puisque de toute façon le but était que le déjeuner se déroulât bien.
Fin de la page d'histoire contemporaine comparée.
Merci de votre attention. Vous pouvez parler entre vous et vaquer jusqu'à 22h.
Bonsoir.
11 août 2006
Message à caractère informatif
Toutes les notes publiées avant le 11 août 2006 sont dépourvues de commentaires.
C'est parce que tu m'aimes pas, je l'savais.
C'est aussi, peut-être, parce qu'ils sont restés sur le blog de leur première publication:
avec d'autres notes que j'ai pas reprises ici.
20six, mon amour,
Tu savais bien, mon Twenty que ça ne pouvait pas durer.
Tu savais bien que ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers.
Et qu'une fois les meilleurs partis,
Les suivent les abrutis.
Ben voilà. C'était l'heure des abrutis.
L'heure des pas meilleurs - pas gentils
Des affreux, des salauds, des pourris
Des baiseurs de drozophiles alanguis
L'heure des déconnectés, reconnectés
L'heure des pas premiers.
Tu savais déjà que ça ne sert à rien
A rien de recoller. Retenter. A rien.
Tu savais depuis que je t'avais dit:
Je m'en vais, je rends le modem à Free
Mais je reviendrai avec Alice, promis.
Et puis cette salope m'a trahi.
Ô mon Twitwi,
La sais-tu, la cruelle destinée
De celui qu'Alice,
De ses yeux de braise et d'acier
A hypnotisé, séduit, déçu, trompé?
Je croyais pourtant bien t'en revenir
Je pensais "il faut souvent savoir partir
Pour mieux vibrer d'un inconstant retour"
Mais en chemin je n'ai croisé que désamour.
Aussi, mon Sixounnet je t'ai quitté.
Quelques notes, tu verras, je t'ai empruntées
Ma manière à moi de te tenir vivant
Dans mes souvenirs, en m'en allant.
Car même s'il y a des pages qu'il faut savoir tourner
Il est bien inutile de les vouloir arracher.
Je te laisse, mon Twinou,
Déjà je sais tu vis chez nous
D'autres moments avec celle
Que tu aimes tellement, la douce html.
Programmer ou écrire,
Pour moi, c'était la merde
Il a fallu chosir
Et programmer m'emmerde.
Salut donc, mon Twener
et bonjour canalblog
je rejoins la longue liste amère
des émigrants du blog
16 janvier 2006
Lettre posthume.
Qu’est-ce que tu veux que j’te dise ?
Qu’elle aurait pu venir ? Elle est pas venue.
Que j’aurais pu faire un effort ? Je sais même pas dans quel sens faire un effort.
Qu’est-ce que tu veux que j’te dise ?
Qu’il fait beau et que c’est dommage de rester tout seul chez toi, avec ce beau temps ?
J’ai pas l’impression qu’il fasse très beau chez toi, même en plein été.
Que je vais tout faire pour t’embellir la vie ?
C’est
au dessus de mes forces. Et je sais que je ne tiendrai pas cette
promesse. Je sais aussi que la seule personne apte à t’embellir la vie
c’est toi. Toi et seulement toi. Et c’est pas à coup de « cache-t’on »
que quelque chose changera.
Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
Oui, j’ai passé une bonne après-midi.
Mais ça fait quatre fois que tu demandes.
Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
Qu’il faut rester ?
J’en sais rien, moi, s’il faut rester.
Que la vie, ça vaut le coup ?
Je
suis pas sûr. Si tu as décidé que la tienne ne valait plus le coup, qui
je suis, moi, pour décider à ta place ? Si tu as pensé que c’était la
meilleure, la seule solution.
Qu’est-ce que tu voulais que je te dise ?
Qu’elle parlait pas sérieusement ? Qu’elle peut pas partir comme ça ? Avec vos gosses ?
Evidemment.
Te laisser seul. Avec ton passé. Et ton âme toute bleue. Congestionnée.
Trop pleine. Tout resté. Tout gardé. Rien, rien jamais sorti. Bloqué
dedans. Comme en apnée. Bleue. Au bord de l’étouffement. Et puis tout
gris.
Pas de mots.
Angoisse. Qui se tait et qui te fait taire. Tu
te terres. Tu restes là. Enfermé. En dedans et chez toi. Seul dans ton
angoisse. Surtout pas en parler. Contrôler. Eliminer les autres sources
d’angoisse. Jamais aller fouiller chez toi. Et tu nous fais taire. Pas
savoir. Pas répondre. Jamais discuter. Se plier à tes lois. Tes lois
que tu subis toi-même, qui sont les lois de ton angoisse. Que
finalement tu dois bien un peu « cageôler ». (non, pas « cajoler »,
t’es trop gris pour ça, tu bouges pas assez.) Tu l’aimes ta prison.
Tu te la redessine autour de toi chaque jour. Et tu verrouilles bien les portes. Que jamais personne ne vienne t’en sortir.
Qu’est-ce que tu voulais que je te dise ?
Que je te débite des supplications ? Des je t’aime et des t’en vas pas ?
Va.
Va si tu n’es pas capable d’ouvrir toi-même cette putain de grille dont tu as la clé.
Tu sais quoi ? Elle avait raison. Il fallait qu’elle parte. Et toi aussi.
Quoi ? T’as parlé ? Ah, oui. J’ai passé une bonne après-midi.
T’es pas parti finalement. Elle non plus d’ailleurs.
J’ai quand même appelé les secours. C’est ce qu’on fait dans ces cas là.
Sont venus.
T’ont sauvé.
Mais t’es mort quand même.
Et c’est tellement mieux comme ça.
Qu’est-ce que tu voulais que je te dise ?
31 décembre 2005
Réquisition.
C'est avec un plaisir non dissimulé, cher lecteur, cher lectrice que je me propose aujourd'hui de t'enculturer encore un peu plus profondément, en réaction à un flash info de pas plus tard que y'a pas longtemps, c'est à dire ce matin, vers midi du matin. Et je te propose donc, avant que je ne t'enculture, de te pencher un peu, oui, voilà comme ça, sur le terme de Réquisition. Mais d'abord, laisse moi t'expliquer (c'est vrai, ça, c'que tu peux être impatient-e, c'est fou, laisse moi parler, enfin!) le contesste:
A cette heure, ce jour même, donc, à peine sorti du lit, tel une beauté que l'on viendrait d'arracher... à son plumard. (j'ai l'haleine fraîche des petits matins (si, midi, pour un samedi, c'est un petit matin), le teint humide, l'oeil brillant, le poil rosé et la truffe vive.) Je me lève et je ne bouscule personne à part le chat, qui ne se réveille pas, comme d'habitude. (Peut toujours se gratter pour que je remonte le drap, tiens !)
N'écoutant que mon courage, je décide donc de faire chauffer de l'eau pour un thé, et j'allume la radio.
C'est pas pour me vanter, mais c'est ce moment précis qu'a choisi monsieur France Inter pour faire son flash plein de bips pour te dire que c'est l'heure et de filles nues qui présentent la météo ou alors c'était le chat qui passait devant les baffles.
Et là, qu'ouis-je ? Qu'acousticai-je ? Quoi?
Cette nuit la préfecture du truc pas loin de Bordeaux, là. Oui, celle-là. Et béh cette nuit elle a REQUISITIONNE DES LOGEMENTS !!!
J'étais à deux doigts de la bouteille de champ', quand une sorte de conscience professionnelle, dont la présence à cette heure là de l'année était plus qu'improbable mais bon, me poussa à écouter la suite désinformation.
Il faut savoir, ami-e lect-eur-rice, que dans ce pays, depuis le 29 Juillet 1998, existe une loi dite « de lutte contre les exclusions ». (sissi, je te jure, ça fait huit ans qu'on lutte contre les exclusions et qu'on a des lois pour ça... ça te fais plaisir non ? Tu vois bien que tu payes pas des impôts pour rien.)
Dans cette loi, donc, il est prévu que les préfets puissent réquisitionner des logements vacants, ou des locaux vacants, dans le but de mettre à l'abri ou de venir en aide à ceux qui n'en ont pas, d'abri, justement. Et depuis 98, les préfets n'utilisent pas cette prérogative.
C'est « compliqué » paraît-il de pouvoir réquisitionner des logements. Plan froid ? Non, non, on voit pas de quoi vous parlez. Spéculation immobilière ? NOOOOOON ? Ici ? Vous divaguez, vous faites le jeu d'un discours idéologique, extrémiste et gauchisant, visant à l'assistanat et non à l'autonomie... etc.
Je t'en fais pas plus, ton estomac a déjà été suffisamment brassé par ton réveillon pour ne pas en rajouter dans la nausée.
Et puis cette nuit, la complexité du truc est d'un coup devenue moins insurmontable, en tout cas à Bordeaux.
Et ben là, moi, je dis, chapeau, champagne, y'en a un qui a trouvé le moyen de mettre en application ce truc aussi compliqué que de dire :
« -Je suis préfet, je représente l'Etat en région, ces locaux son vacants, je les réquisitionne et j'ordonne leur mise à disposition pour ceux qui, sans ces abris seraient contraints de dormir dehors. »
Compliqué, en effet.
Je te disais donc que j'étais à deux doigts de la bouteille de champ quand le présentateur et le chat ont développé la suite de leur flash. (t'avais raison, finalement, les filles étaient parties.)
Et c'est là que mon thé a pris un goût acide.
La préfecture du truc vers Bordeaux, là.
Elle a réquisitionné parce que la SNCF avait plein de clients coincés dans un TGV en panne à cause de la neige.
Tu comprends ?
Des gens qui votent.
Qui consomment.
Des Clients de la SNCF.
Pas des gens à la rue.
Pas la loi de 98.
Dont le texte va continuer à prendre la poussière sur une étagère. Dans les bureaux du dernier des sous-préfets. Celui qui a été placé là parce que Papa ou Maman ou le chef du bureau d?à côté, ou le patron de l?entreprise qui a fait les travaux de constructions de la piscine du préfet ou de ravalement de façade de la SNCF? etc.
Combien sont payés ces gens (avec ton pognon, je te rappelle) qui ne sont même pas foutus de souffler sur un texte de loi déjà existant ? Tout prêt. Y'a même pas à réfléchir, y'a juste à A-PPLI-QUER.
Moi, je dis que si c'est pour faire cet usage là du pognon qu'on leur donne, j'ai un pote qui hésiterait pas à leur faire visiter un échafaud.
Et pi il aurait pas tort.
Voilà. Allez, Bonne Année.
Fin de la page d'histoire contemporaine comparée.
Merci de votre attention. Vous pouvez parler entre vous et vaquer jusqu'à 22h.
Bonsoir.
06 novembre 2005
Eh didon, eh alors, bon, alors voilà. Bon. Alors oui. Non, attends. Ouais. Eh. Faut que j’te dise...
Il parraitrait qu'à c'qui parraît, y'a des bagnoles qui brûlent en banlieue.
Si.
Eh, ben c’est pas étonnant, j’vais t’dire. Avec l’augmentation du prix du gaz, faut bien qu’ils se chauffent, les pauvres. Eux, quand ils se sont installés, on leur a dit (y’a longtemps, hein, pas ceux qui sont là aujourd’hui et qui courent en survet avec des capuches passque le vent ça fait froid aux oreilles quand on court vite et qu’on n’a pas de cheveux, non, pas eux, leurs
grands parents. Sissi, ceux qu’on avait été cherché quand on avait besoin de main d’œuvre souriante, pas chère et que déjà ils sont bien contents d’être en France, alors ils vont pas en plus nous briser les meules avec une clé de douze si ils sont entassés dans des T2 pour huit ou dans des Sonacos pour un... (je fais des longues parenthèses si je veux, c’est un blog c’est pas un manuel de grammaire) (et je t’emmerde)
(et arrête de m’interrompre sinon, ça va encore faire trois pages et en plus je sais plus où j’en étais)
Bon.
Ah oui.
Alors, quand ils sont venus, donc, on leur avait dit : regarde la belle barre d’immeuble avec tout le confort moderne, tu vas être super bien là dedans, avec ta femme et tes gosses, quand on leur donnera l’autorisation de venir te rejoindre. Oui, bon ben ça va, on a compris, ils sont loin, tout ça, c’est dur la vie tout seul, mais mon pti Momo, il est temps que tu t’assumes, maintenant, grand garçon. Hop. Pas besoin d’une femme à la maison, hein… Et pi quoi l’amour ? dis donc, tu crois que je te paie une piaule dans ce luxueux foyer pour jeunes travailleurs - wc sur le palier - douche sur le palier - cuisine sur le palier, et ce pour la modique somme de la moitié de ton salaire, tout ça pour que tu passes ton temps à baiser, saligaud ? Non mais des fois.
Des bêtes, j’vous dit.
Hum. Reprenons.
Au commencement, donc, était le foyer Sonacotra. Simple et de bon alois. (moi non plus, je comprends pas, mais c’est joli, non ?) Puis vint la barre d’immeuble. Avec son confort et ses recommandations : tu prends le gaz pour te chauffer, s’teuplé, c’est moins cher, et pi j’te rappelle que l’arrivée en lignes hautes tensions pour tout le monde, c’est toi qu’est en train de les poser dans le XVI°, alors le temps que ça arrive à Clichy, j’t’explique, t’as qu’à bosser plus. Hop. Donc, au gaz tout le monde. (... oui... je ne parle QUE du chauffage... étudiant en Histoire à Lyon3, tu peux passer ton chemin, je ne vais pas t'entretenir des bienfaits du Troisième Reich sur le développement des techniques de fabrication de canalisations de gaz étanches... aucun intérêt, donc.)
Tout allait bien jusque là. L’équilibre était respecté, le gaz en banlieue, l’EDF chez les bourges, le travail à Clichy, le pognon à
Paris. Voilà. Seulement, un beau jour de 2005, alors que répétons-le, TOUT ALLAIT POUR LE MIEUX PARTOUT, paf, le choc. LA nouvelle, LE TRAUMATISME : le prix du gaz allait augmenter de plein de pourcents. D'un coup. Aussitôt un vent de panique s’empare du sous-bois : tout le monde sent que la faim est proche : sans gaz, ou avec un gaz trop cher, comment se chauffer, se laver, faire cuire les aliments, comment manger même, (tu vois bien que la faim est proche… bon d’accord, j’insiste pas, mais t’es sûr que l’as bien comprise, celle-là, parce que moi je l’aime vraiment bien, la faim, la fin, tout ça… lourd ? moi ?… bon d’accord.)
De détresse, deux jeunes gens, décidant de tenter le tout pour le tout, se jettent dans un transformateur électrique, espérant par là comprendre son fonctionnement et trouver rapidement une énergie de substitution pour toute la communauté. Hélas, c’est le drame. Peu aguerris au fonctionnement complexe d’un tel trésor de la technologie occidentale, ces enfants (occidentaux que depuis quatre générations,donc), périssent en tentant de raccorder le transformateur à l’installation de chauffage du foyer Sonacotra (oui, ben, fallait bien les reloger le temps qu’on détruise cette affreuse barre d’immeuble qui gâche le paysage des résidences de standing de la colline d’en face. Voudrais t’y voir, toi.)
A partir de ce jour, déçus, peinés, le cœur en lambeaux, et les pieds gelés, les habitants de Clichy-sous-Bois et bientôt d’autres banlieues tentent de se réchauffer comme ils peuvent, et avec ce qu’ils trouvent. Le tout dans une ambiance somme-toute assez bon enfant.
Tout autre tentative d’explication de ces feux ne serait que pure manœuvre politicienne de déstabilisation de la république en général et de son ministre de l’intérieur en particulier. Faites gaffe, j’ai les noms)
Fin de la page d’histoire contemporaine comparée. Merci de votre attention, vous pouvez parler entre vous et vaquer jusqu'à 22heures.
Bonsoir.